L'IKEBANA, L'ART FLORAL JAPONAIS

IKEBANA

L’Ikebana, qui signifie "faire vivre les fleurs’’, est un art floral japonais. Son nom vient du verbe "ikeru" - "donner vie"- et du nom "hana" - "fleur". On parle également de "Kado" soit "la voie des fleurs".

L’Ikebana fait partie de l’un des 3 arts du raffinement japonais avec la cérémonie du thé ("chanoyu") et l’art d’apprécier les parfums ("kôdo").

Plus qu’une simple composition florale, il s’agit d’une véritable discipline artistique et une philosophie dans laquelle l’humain et la nature se rencontrent. La cueillette de la fleur est assimilée à sa mort et l’Ikebana lui redonne la vie. En pratiquant l’Ikebana, on recherche l’essence intime ("shussho") des éléments naturels choisis pour la composition. Cet art invite à une méditation sur le passage du temps, des saisons, le renouvellement perpétuel de la vie. Il s’inscrit dans la philosophie zen japonaise. Cette expression de l’esthétique japonaise ne cesse de séduire de plus en plus le monde occidental. Sans cesse en évolution, l’Ikebana s’ouvre à une multiplicité de styles, d’écoles, de créativités et de modernité.

Les origines de l’Ikebana

Les Japonais tissent un lien profond avec la nature. Malgré les constructions de ciments, les hauts buildings et les villes tentaculaires, les Japonais ont un désir très fort d’avoir toujours un peu de nature près d’eux. Ainsi, on retrouve des compositions florales dans la plupart des habitations, en campagne ou en ville. Fait souvent surprenant pour les touristes, il n’est pas rare de voir une fleur dans un petit vase accrochée au pare-brise d’un taxi japonais !

L’Ikebana est un art qui porte en lui plusieurs siècles de traditions. Au 7e siècle, les ambassadeurs japonais ramènent au Japon l’art floral chinois, en même temps que la philosophie bouddhiste.

Les moines bouddhistes zen développent l’art de la composition florale pour honorer Bouddha. Le "rikka", c’est-à-dire le travail des moines sur les fleurs, est inspiré par la présence des fleurs dans les intérieurs. Cette pratique se démocratise, auprès de l’aristocratie seulement dans un premier temps.

À cette époque, la composition se compose de 7 branches qui symbolisent différents éléments d’une scène naturelle :
- le sommet
- le mont
- la cascade
- une vallée
- une face éclairée de la scène
- une face une ombragée de la scène
- un village au bord de l’eau

Au 15e et 16e siècle, l’art se développe, se codifie et est enseigné dans des écoles. Le shogun Ashikaga Yoshimasa développe l’habitude de placer des fleurs dans les habitations. En effet, il fait construire des logements dans lesquels une petite alcôve ("tokonoma") est consacrée afin d’abriter une composition florale ou des objets d’art.

Tokonama

Tokonama


Au 18e, on utilise officiellement le nom "ikebana". Si ce n’est pas le siècle au cours duquel cet art fut le plus créatif du fait d’une codification plus complexe destinée à satisfaire les exigences de l’aristocratie, l’Ikebana se démocratise le siècle suivant et l’enseignement s’ouvre même aux femmes. Les règles se simplifient et apparaît le schéma ternaire que nous connaissons aujourd’hui (Terre, Ciel, Humain).

Depuis 1920, l’ikebana est en perpétuelle évolution. Il y a aujourd’hui plus de 3000 écoles au Japon. En effet, l’Ikebana désigne l’art de la composition florale en terme général mais il existe diverses écoles de création et subdivisions avec des règles propres. Par exemple, le "nageire" est un style d’arrangement floral plus simple qui est intégré dans la cérémonie du thé : on arrange des fleurs dans un vase avec le plus de naturel possible. Le "moribana" est un autre style qui, lui, est né pendant l’ère Meiji. Il utilise des fleurs occidentales dans les compositions et on le retrouve souvent dans les jardins.

Plus de détails sur la composition de l’Ikebana

L’Ikebana met en scène des éléments de la nature (branches, feuilles, graminées, inflorescences…), tel un tableau à travers lequel l’artiste exprime une émotion, livre un message. L’idée que la nature est en mouvement constant est au cœur de cet art : les plantes poussent, les feuilles apparaissent, les fleurs éclosent puis fanent et se renouvellent au cours des saisons. Les couleurs et les formes se combinent en respect avec la nature.

L’Ikebana est un art très codifié où chaque élément a son importance. On retrouve cette esthétique par exemple dans la cérémonie du thé, où chaque geste est minutieusement effectué, où chaque élément est précieusement sélectionné. La délicatesse, le minimalisme et le graphisme forment les piliers de l’art floral japonais. 

L’idée n’est pas juste de ramener un peu de nature chez soi mais de rappeler le rôle central de la nature et de créer un lien entre l’intérieur et l’extérieur.

La philosophie de l’Ikebana amène à apprendre la patience et la tolérance dans les relations que l’on a avec la nature mais aussi avec les autres. Cet art apprend aussi à apprécier le moment présent, la beauté de ce qui nous entoure, et à donner le meilleur de soi.

L’Ikebana est un art aussi bien féminin que masculin même si la plupart des artistes sont des hommes.

Comment réaliser une composition florale ?

Tout comme la cérémonie du thé, la pratique de l’Ikebana se fait en silence afin de se concentrer sur le moment présent, de prendre conscience de la beauté de la nature et du lien qu’elle entretient avec nous. 

Différents éléments naturels peuvent être utilisés. On retrouve notamment ceux-ci : branches, feuilles, graminées, mousse, fleurs, fruits. Les feuilles flétries, les jeunes bourgeons et les gousses de graines sont autant valorisées que les fleurs déjà épanouies. Par opposition, il existe également des compositions qui choisissent de magnifier une fleur unique. 

Les végétaux sont choisis en fonction du message à passer. Par exemple, les bambous symbolisent la prospérité et les fleurs de pêcher sont un hymne à la féminité. 

Pour les contenants, on peut retrouver des vases en céramiques, des pierres creuses, des souches d’arbre, du bois flotté… De la mousse peut être utilisée pour maintenir les différents éléments de la composition. Traditionnellement, on utilise plutôt une pièce en bois percée ou lattée. Le contenant est généralement opaque afin de masquer les fixations pour un rendu plus esthétique.

La composition doit être sobre et épurée et les éléments doivent être en harmonie.

La composition cherche à recréer un paysage en 3 dimensions (profondeur, espace et une certaine asymétrie) avec 3 lignes directrices de différentes tailles : Shin, Zoe et Taï, symbolisant respectivement le Ciel, la Terre et l’Homme. Ainsi, il y a des règles à suivre. Par exemple, il y a des angles à respecter pour placer les différents éléments. On recherche un point d’équilibre. Les éléments de la composition convergent vers ce point afin de nous mener vers l’harmonie.

Pour représenter le Ciel, point culminant de la composition, on choisit en général une forme érigée, bien dressée comme une branche ou une hampe florale rigide.

Pour représenter l’Homme au centre, on choisit souvent un élément légèrement penché comme une fleur délicate ou un feuillage texturé.

Enfin, la Terre est symbolisée par un élément mis plus bas et à l’horizontal.

La composition florale peut perdurer entre 10 à 20 jours selon les éléments utilisés. On peut l’arroser si besoin.

 

On espère vous avoir apportés des éléments que vous ne connaissiez pas, et que cet article vous aura inspiré(e)
Très belle journée et à bientôt !

 

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